mardi, 15 janvier 2013

Yando, l'enfant sorcier par Mathias MASSODE

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Recueil de nouvelles au format papier et 

Livre numérique "Yando, l'enfant sorcier"

Vient de paraître aux éditions Mon Petit Editeur. Un recueil de nouvelles, publié par Mathias MASSODE en janvier 2013.

Ce livre est disponible à la vente au format papier et au format numérique (ePub) lisible sur iPad, tablettes tactiles et smartphones. Pour vous le procurer :

au format papier, sur le site Internet de Mon Petit Editeur en CLIQUANT ICI, ou en librairies, sur commande ;

 au format numérique, sur les différentes plates-formes de vente (Apple Store, FNAC.com...) ainsi que sur le site Internet d'Immatériel en CLIQUANT ICI.

Extrait : 

..Du côté de la vieille citerne, l'une d'entre elles s'ouvre. Le dernier jet de pierre en avait heurté l’entrée couverte d’une natte en bâtonnets de raphia. Elle découvre une forme anodine, tantôt une ombre fine et frénétique, bientôt une silhouette noire, corps ébène enduit d’un mélange de beurre de karité et d’huile de palme : Yanu. 

Ici, une foule. Folle. Furieuse. Passionnée. Décidée.

Foule au visage de fer. Elle observe l’être d’en face. Elle lacère de ses yeux multiples la femme au cœur solitaire livrée à leur furie. 

Une main.

Une pierre.

La main ramasse la pierre, la projette.

Héélou ! Des cris. Hôôôô ! Jurons, insultes, sarcasmes, ma-

lédictions !

...

Yanu l’avait reçue, impassible. Son esprit s’était vidé de son 

souffle. Un esprit aux tristes songes lointains qui râle d’iniquité.

Elle n’avait pas bougé. Fixer la foule. La maudire. Se venger.

...

Elle y porte sa main moite. Ses doigts touchent le sang, le tâ-

tent, le sentent… Le long du corps, pend son bras gauche dont

la main experte abrite un coutelas à la lame tranchante.

A suivre ...

mercredi, 21 novembre 2007

Ouidah, mon bel Amour

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Ouidah (1) !

Je sens mes sens s’effondrer au son de ton nom,
Mon cœur d’idylle s’engoncer dans le souvenir
De tes yeux d’eau de mer,
De ta silhouette élevée à l’éther
telle l’élue des terres.

Je sens l'univers gagner mon cœur de tendresse
Et d’envie de vivre.
Vivre l’ébène de tes lèvres malices !
Vivre l’innocent sifflement de ta voix miel
et rose !

Admirer à longueur du jour
Le galbe de tes jambes muse!
Ecouter les délices de mes songes irréels !
Et sentir la douceur de ton corps de reine,
admirer ta silhouette si fine, si envoûtante et si fragile,
T'aimer !!!

Tant d'Hommes-Nations t'ont désirée.
Tant d'Homme-Nations t'ont maculée les entrailles
De baisers vermeils, puants et nauséeux.

Eéé tu portes encore ton éternel charme,
Les fragrances de tes senteurs florales
qui flânent le long de ta longue chevelure Atlantique.

Ouidah !

Ta nature hybride, vers moi,
tend ses mains farcies du sang de ses chaînes infâmes,
Vers toi, Ouidah, court la trotteuse de ses âmes Pardon,
le clairon de mon coeur Amour,
le cor de tes transes vodoun !

Vers toi, tonne les Satos et les Houngans
chantant la couronne de ces aubes sifflant au fond de tes eaux.
Celles de ton simple nom !

Ouidah !


[Ouidah est une ville historique du Sud Bénin, d’où sont partis de milliers esclaves vers les Amériques.]

vendredi, 04 mai 2007

Sculpter le vent

medium_image_MER.jpg Comme au cœur du lac,
Morte l'écume blanche
Que filtrent les bruines brunies ;
Mer calme, houleuse, sifflant ses mille murmures
Dans la vase des vagues au souffle du cyclone.


Je passe par le temps tout impotent à ta recherche.
Toi, l'indicible nature fondue au vent et au temps, lasse comme une génisse.

Elle est entrée par un de ces matins t'emporter pour longtemps.
Je n'ai jamais su ce que c'était.
Je n'ai jamais su quel était son nom.
Je n'ai jamais su quelle était sa couleur.
Je lui donnais souvent les siennes. Celles du vent:
Multicolore. Phosphore. Lumière. Onde. Vie. Impasse.
Vanité.

Et pourtant elle est entrée.
Il faisait encore jour un plutôt aurore.
C'était aux aurores de notre union et de ce matin exempt d'aube.
Par l'entrée close hermétique de ton coeur, forteresse en or massif.
Par les volets serrés de ma fenêtre morte et morne.
Elle est entrée par-dessus le toit couvert et sans cheminée.
Elle s'est frayée un chemin. Un passage.
Son sentier long et droit au travers des murs de briques, béton armé, architecture baroque.
Elle est juste entrée. Sans crier garde ! Sans toquer ni cogner Toc! Toc! Toc!

Et, pour la première fois, je l'ai vue.
Elle m'a montré sa face.
Elle m'a diffusé sa personne toute triste, dégingandée.
Partir avec tant de tendresses, de projets, de joie et d'envie de vivre.

Elle est juste entrée et m'a sifflé sa présence, ses couleurs.
Elle m'a dit ses mots, son identité.
Elle m'a dit ses songes et murmuré son nom.
Son nom ! Comme si elle en avait un. De vrai.
Elle me l'a inscrit en lettres pyrogravées dans l'iris noyé de mes prunelles en crue.

Solitude !

Ainsi disait-elle ! Solitude !
Solitude, comme l'ombre incolore du trépas qui passe muette et bruyante.
Solitude, comme les heures hybrides du soir mourant dans la clarté du noir naissant.
Solitude. J'ai cru voir sa face invincible à l'instant, tantôt pâle et folle, tantôt seule et saoul.
Solitude. J'ai humé ses ombres immondes sans forme aucune qui t'ont éloignée de moi.
Et j'ai voulu en savoir plu. Savoir davantage sur elle.


Solitude !
Elle portait mille et une couleurs ;
Moult blanc, noir, rouge bleu-vert et maint bistres.
Solitude semblait porter ses propres silhouettes lovées au devant de son instable apparat.
Porter l'univers entier par un bout si fin.
Drainer les montagnes, le Kilimandjaro…
Assécher toutes le Mers - Rouge, Noire, Celtique, de Chine, d'Aral ou la Manche …–
Sonder tant d'océans – Pacifique, Indien, Atlantique...
Embraser les forets de son feu sauvage. Amazonie…
Brûler terre, ciel, astres, pluie, neige et grêle.
S'adjuver le vent.

Et soudain rien ne vit plus.
Ni sa face.
Ni sa forme
Ni son nom
Ni ses couleurs incolores.
Ni son ombre qui passe pesante et blêmissante.

Ainsi mourut-elle, Solitude.
Aux aurores de ce matin là
Où elle fut entrée par la porte close hermétique de la forteresse de mon cœur en bois effrités.
Par les volets serrés de mes yeux morts et mornes ;
Par-dessus le toit couvert et sans cheminée de mon âme éprise de toi, Mado.


Je l'ai juste connue le temps d'une éternité.
Mais elle m'échappa la seconde d'après.
Comme elle me fut apparue, t'emportant avec elle.
Solitude est morte avec toi, Mado.
S'éloigner avec nos rêves.
Se perdre dans le vent, ton désormais geôlier.

Et tu y restas, dans le vent.
Comme au cœur du lac
Morte l'écume blanche
Que filtrent les bruines brunies.
Mer calme, houleuse, mugissant telle un yack sous le glaive du Cyclope.

Et je me mis à ta recherche...